TVA sociale: avant toute chose...

Publié le par Fabien-Pierre NICOLAS

Actuellement, la TVA sociale semble être devenue le sujet N°1 de ces derniers jours au point que le Parti Socialiste a choisit comme message "unique" des derniers jours: "Voter contre la TVA à 24.6%".

Chacun argumente sur l'impact éventuel positif ou négatif de la mesure, je ne me permettrais pas de juger de la pertinence des propos des différents experts.

Ceci dit, 2 questions me semblent cruciales :
- Si chacun des partenaires européens agit comme l'Allemagne et le Danemark, quel sera l'impact sur le commerce intérieur de l'UE et la compétitivité de chaque état membre ?
- Et quelle est la part des marchandises importées venant de pays pour lequels une évolution du prix de 5% fera la différence ?

Quelques éléments de réponse sur la seconde question :
- Pour l'habillement, les jouets ou l'électronique grand public, l'écart salaire/productivité est au minimum de 1 à 10 si on compare un salarié chinois ou du Bengladesh. 5 ou 10% d'évolution, cela ne changera pas la situation concurentielle...
- Pour la distribution, la hausse de la TVA pourra bien être très nocive si elle se répercute sur les prix et les déductions de charges ne généreront aucun effet levier sur l'emploi du secteur (les plans de diminution des effetifs sont déjà quasiment achevés, cf. l'automatisation des caisses)
- Pour le BTP ou l'hotellerie, le problème se situe dans la disponibilité de la main d'oeuvre plus que dans son coût. Pas d'éclaircie sur ces secteurs où c'est l'attractivité qui manque. Seule des formations et des hausses de salaires pourraient encourager à plus d'emplois.
- Les industries high-tech pourraient semble de prime abord plus concernées: forte intensité de main d'oeuvre et possibilité d'export démultipliées. Il y a un hic: le différentiel prix est moins important que la qualité et l'innovation.

Voilà quelques premiers élements de questionnement , j'attends vos réactions...

Commenter cet article

Etat Providence Participatif 19/07/2007 13:16

TVA sociale, question à réfléchir. Les sources de revenu social de l'état providence redistributif peuvent s'appuyer sur trois assiettes: le producteur (prélèvement actuel), le consommateur (TVA sociale), les revenus (CSG). Que choisir? Le plus juste semble être la CSG (mais doucement car fuite de capitaux en vue?). L'avantage de la TVA sociale est plutôt ...social. Elle minimise le risque de conflit de génération entre actifs et retraités.En ce qui concerne la mise en place de la TVA sociale, le flou le plus artistique est entretenu sur la réduction de prélèvement social dont il s'agit, les prélèvements patronaux ou les prélèvements sur salaire? Il s'agit de réduire le coût pour le patron dans le projet actuel (politique de l'offre, donc plutôt de droite) Une alternative proposée par la CFTC: réduire les prélèvements sociaux effectués sur les salaires plutôt ou en tandem avec la réduction des cotisations patronales, c'est à dire un mélange droite/gauche (offre/demande).Les simulations de TVA sociales faites par le gouvernement en 2004 ne sont pas vraiment concluantes, c'est le moins qu'on puisse dire.Amicalement.

Erasme de Metz 16/06/2007 07:29

 Je découvre votre site grâce à Michèle Fazilleau..comme quoi on en découvre encore après plus d'un an de ségolisme aigue!Félicitation votre angle de vue est très important pour le futurBonne continuation

Michele FAZILLEAU 16/06/2007 01:32

Tout à fait d'accord !Je vous ai cité sur mon blog dans l'article sur la tva (anti)sociale.Amicalement

nef 15/06/2007 14:40

Je viens de découvrir votre site, en faisant un tour sur celui d'abadinte. Je me permets de vous inviter à lire mon commentaire à son article, pour information et parce que certains élèments sont une réponse à certains de vos questionnements.

FP NICOLAS 15/06/2007 10:14

A noter: la présidente du MEDEF insiste ce matin sur le fait que les entreprises ne veulent & ne peuvent pas garantir une baisse des prix en parralèle à la baisse des cotisations patronales.Selon elle, le taux de marge étant tendenciellement en baisse, il est normal qu'une partie de ces allégements soit conservé pour augmenter la marge nette.