Actuellement, nos journaux bruissent d'une polémique sur l'export d'armes (missiles Milan anti-char et
systèmes de communication militaires) et d'un réacteur nucléaire civil en échange de la libération des infirmières bulgares.
Il y a certes un doute légitime sur l'intérêt stratégique de vendre des armes anti-char à un pays qui ne reconnait pas Israël et risque donc de participer à la déstabilisation de la région en
compagnie de l'Iran mais bon, intéressons nous plutôt à la dimension économique.
Le président Sarkozy désire se poser en "rupture" par rapport à la présidence Chirac : pourtant, tout comme celle ci, il se contente de faire le tour de pays non démocratiques (Gabon, Libye) pour
vendre exclusivement du matériel militaire, nucléaire ou négocier des contrats pétroliers. La question est donc : "Peut on aussi essayer d'exporter autre chose ?".
Et je pense effectivement que les entreprises françaises promues par notre gouvernement pourraient plutôt être celles qui visent à un développement réel du pays. Prenons quelques exemples pour
illustrer cela...
Nous pourrions promouvoir des partenariats dans le secteur du logiciel: ces pays disposent souvent d'une main d'œuvre d'ingénieurs bien formés qui peuvent, si il y a une formation, devenir
d'excellents centres de support pour renforcer la compétitivité de nos éditeurs.
Ou encore concevoir des partenariats dans le domaine de la gestion du vieillissement: les pays du Maghreb ont ainsi une main d'œuvre bien formée qui manque cruellement à la France.
Concevoir des maisons de retraites avec un personnel local, des soignants des 2 nationalités et des retraités français permettrait un partage des connaissances ainsi que des économies
conséquentes.
En bref, 1001 projets communs sont à inventer en dehors des champs délétères de nos exports militaro-industriels mais cela suppose une vision réellement rénovée de nos intérêts stratégiques et
économiques. Espérons qu'un jour, nous ferons cet effort qui pourra amener un développement long terme sur les 2 rives de la Méditerrannée.
Pouvons nous exporter autre chose que des armes et du nucléaire ? Je crois que oui (nous le faisons déjà beaucoup _ puisqu'il me semble que la part militaire de nos exportations n'est pas majoritaire _ mais bien insuffisamment de fait), et tu as raison notre capacité à développer nos exportations sur des produits à forte valeur ajoutée c'est le défi pour nos entreprises dans le contexte actuel.
De ce fait nous avons d'énormes défis à relever pour faire émerger de nouvelles entreprises innovantes, avec des produits de qualité et pour les promouvoir (et les aider à s'implanter) à l'étranger.
Bon, mais je n'invente rien c'est ce qui fait une bonne part de la  différence entre les économies euroéennes performantes et la notre (cf.l'Allemagne).
Concernant le secteur informatique, notamment le développement ou l'édition, les choses sont également bien avancées et les potentiels sont forts de fait. Comme la tension sur le marché français est élevée il y aura des opportunités pour les pays de la Méditerranée... Mais pour combien de temps ? L'Inde, le Pakistan, les pays d'Europe de l'est, développent ses compétences à très grande vitesse et ne tarderont pas à largement dominer le marché. Enfin, nous même avons surement intérêt à conserver sur ces domaines qui restent d'avenir un très haut niveau de qualification et une capacité à faire suffisamment étoffée pour être en pointe.
Pour les maisons de retraites, et la gestion de notre population dite de quatrième âge (là aussi défi majeur économique et sociétal), je dois avouer que je suis dubitatif. Il me semble qu'il s'agirait plutôt de promouvoir un accompagnement de proximité.
Evidemment reste l'argument du "jeune" troisième âge attiré par le soleil (mouvement déjà existant vers le sud de la France ou l'Espagne), globalement autonome et nécessitant un suivi médicalisé ligth, disposant d'un pouvoir d'achat moyen supérieur, capable de voyager... Presque les anglais en Dordogne. Pourquoi pas, mais l'effet levier du point de vue macro économique serait il à ce point significatif ?Â
Alors ? Comme tu le dis il existe 1001 projets à promouvoir pour permettre et faciliter le co développement, et 1002 ressources et potentiels natifs des pays méditerranéens. Personnellement je pense que les grands investissements d'infrastructures restent un levier majeur, que la gestion des "biens" durables (eau, sols, et sources alternatives aux énergies fossiles) sont des enjeux clé de collaboration, que l'investissement (à risques ou non) en soutien à des entrepreneurs privés locaux (comme pour nous) est un levier puissant.Â
Pour nous la mondialisation n'est pas la seule solution, mais il faut en saisir les opportunités.
Le but n'est pas d'expulser nos vieux comme on expulse aujourd'hui nos sans-papiers ; le but est de proposer une retraite au soleil aux retraités qui en ont envie, dans le but de désengorger nos maisons de retraite, qui comme tu le sais manquent de place. Après, quant à savoir si ce sont les pauvres ou les riches qu'on "délocalise", ce sont les deux. Le but est à la fois de désengorger nos maisons de retraite pour permettre à tous un accès égal aux services (et ça, si je ne m'abuse, c'est de gauche) et de participer de manière concrète (plutôt qu de faire un chèque à la Tunisie) au codéveloppement. Et ça, si je ne m'abuse, c'est pas de droite.
C'est en complément d'un investissement dans la formation en France de personnels et d'une amélioration des salaires du secteurs.
http://killcow.hautetfort.com
Voir l'article "Délocalisons nos vieux!"
Structures d'accueil en nombre insuffisant, coût difficilement supportable par les familles, aides à domicile onéreuses et peu professionnelles... oui, il y a là un réel métier à ré-inventer, à reconnaître, à valoriser, à professionaliser.
D'ailleurs si des jeunes cherchent un job d'été, frappez donc à la porte des hôpitaux longs pour personnes âgées.... là , on cherche du monde.... car tous ne partent pas au soleil... jolie utopie !
Je pense qu'il faut développer l'emploi d'aide aux personnes agées en France mais que nous avons un tel souci sur le vieillissement qu'il faut aussi trouver des lieux à l'étranger pour les accueillir et leur assurer le meilleur suivi possible.
Actuellement, des "prix bas" sont de 1200€ par mois en maison publique et 2000€ par mois dans le privé c'est à dire beaucoup trop cher pour nombre de famille.
Il faut donc accepter le principe d'avoir une partie de nos seniors au soleil car:
1) Cela aide au développement du Maghreb
2) Cela n'empeche pas la croissance du secteur en France
3) Cela assure un meilleur niveau de service
4) Cela incite les familles à passer du temps avec les personnes agées (vacances d'été ou d'hiver par ex)
Ce n'est qu'une idée mais après tout, pourquoi pas ?
Eh, remarque, pourquoi pas, y a du soleil, et si y a du personnel qualifié, cela permettrait de faire des économies, car cela coute horriblement cher en France...
Seul hic, Anne Roumanoff a fait un très bon sketch contre les délocalisations, dans la peau d'une anciène ouvrière de moulinex reconverti en aide-soignante pour les retraités, et ce sketch finit pas "au moins, les vieux, on ne nous les délocalisera jamais" ...
Tu veux lui donner tort ...
J'aurais tendance à dire que Chavez troque des matières premières contre de la main d'oeuvre.
L'idée ne serait pas forcément un tel deal mais bien de voir nos besoin en main d'oeuvre non satisfaits et difficile à satisfaire puis de s'appuyer sur les forces de chaque pays en y développant autant que faire ce peut des filiales sur place.
L'appui de la puissance publique interviendrait comme intermédiaire de financement (cf. Coface) et d'implantation des sociétés moyennes désireuses de bénéficier d'un tel avantage concurrentiel.
Mais cela suppose que nos décideurs publics soient formés sur ces secteurs et leurs besoins spécifiques. Et que le volet "formation" soit co-financé alors même qu'on forme une main d'oeuvre étrangère.