Mesures en faveur des PME du gouvernement: bons et mauvais points

Publié le par Fabien-Pierre NICOLAS

Passé inaperçu dans la plupart des médias, sans doute faute d'une prise de parole forte du président Sarkozy, le secrétaire d'Etat aux entreprises et au commerce extérieur a annoncé plusieures mesures ce lundi.

Avec tout d'abord la fusion de deux agences de soutien à l'innovation - Oseo (ex Anvar et BDPME) et l'Agence à l'innovation industrielle- laquelle semble aller dans le sens d'une meilleure lisibilité pour l'ensemble des acteurs du marché.

Le crédit d'impôt recherche évolue également vers plus de simplicité: le calcul de 10% du montant + 40% de l'évolution, peu intuitif, cède le pas à un montant de 20% pour les entreprises de plus de 250 salariés et 30% pour celles à moins de 250 salariés.

On s'interroge cependant sur le choix d'un montant "global" qui ne va pas dans le sens de l'Etat stratège que nous appellons de nos voeur à l'instar de Ségolène Royal dans la campagne présidentielle.
Pourquoi ainsi soutenir une R&D "dans l'absolu" plutôt que de cibler plus fortement des secteurs à fort potentiel de croissance qui généreront une forte valeur ajouté pour l'emploi et les salaires ?

En ce qui concerne l'accroissement annoncé du nombre des VIE pour aider à la prospection commerciale à l'international, on peut s'interroger sur la nécessité d'aider plutôt à une formation renforcée des commerciaux plus expérimentés (ou des VIE) afin d'optimiser les efforts plutôt que de miser sur le "low cost" à bas salaires.

Enfin, osons la critique franche et massive des deux dernières propositions du secrétaire d'Etat. Tout d'abord, le groupe de onze experts convoqués à grand frais pour plancher sur la simplification de l'environnement des entreprises alors que tant de rapports sur le sujet dorment dans les tiroirs du Sénat, de l'Assemblée ou même des gouvernements Raffarin / De Villepin.

Et pour finir, le "conseil des entrepreneurs" soit disant représentatif des entreprises dynamiques et innovantes semble être un énième comité Théodule. 
Qui peut dire que Louis  Le Duff, sans doute visionnaire sur les franchises en restauration rapide il y a 25 ans, ou Christophe Bonduelle, patron du groupe légumier du même nom, sont aujourd'hui ce que la France compte de mieux en matière d'entrepreneurs visionnaires ?

Un bilan en demi teinte donc pour ces premières mesures: des pistes intéressantes sur l'innovation ou l'exportation mais une optique générale qui reste plus orienté sur le point de vue exclusif du MEDEF (complexité de l'environnement, coût de la main d'oeuvre trop haut) que sur une réelle analyse long terme de nos faiblesses structurelles et de nos secteurs clés.


Lire le Journal du Net: http://www.journaldunet.com/management/0708/0708202-actu-force5.shtml

Publié dans tribune libre

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