Billet de la Rochelle N°1: Socialisme et marché, pour une clarification sans tabous

Publié le par Marc

L'équipe d'animation de Désir d'entreprendre a suivi l'Université d'Eté de la Rochelle et vous en rend compte dans ce blog: on se félicite d'abord de la volonté affichée de poser les problèmes sans tabou et de trouver des solutions novatrices et compatibles avec les valeurs permanentes de la gauche. L’université de la Rochelle a été l’occasion de réaffirmer une évidence que les médias avaient « oublié », les socialistes se situent clairement dans une économie de marché ouverte à l’international comme l'avait déjà rappellé S. Royal à Melle la semaine dernière.

Commençons tout d'abord sur le thème du rapport entre socialisme et marché qui figure parmi les sujets centraux de la refondation de la gauche. 

Le marché est le seul mode de fonctionnement économique connu qui a permis un progrès économique sur une longue période par une confrontation des solutions et des offres. Toutefois un marché livré totalement à lui-même ne peut que creuser les inégalités, développer les désordres et le chômage, aboutir à la confiscation de la valeur par quelques uns et finalement à sa propre mise en cause. De plus le passage du capitalisme industriel au capitalisme financier mondialisé change la donne et favorise le profit à court terme et participe aujourd’hui de la destruction de l’environnement devenu un problème majeur.

La question de la régulation et des moyens cette régulation devient donc une question centrale en particulier au moment ou la survie du  monde dépend de sa capacité à mettre en œuvre une croissance durable et réductrice des inégalités entre pays et à l’intérieur des pays.

L’économiste Pierre Alain Muet, grand témoin de cet atelier considère que le niveau de régulation des économies est lié à leur niveau de développement. Les premières économies mondiales comme les Etats-Unis et le Japon ont des politiques de régulations beaucoup plus importantes qu’ont ne le présente dans les médias. De plus ces pays pratiquent sans complexes des politiques volontaristes quand il s’agit d’encourager l’innovation. 

Cependant, la régulation à l’échelle nationale a montré ses limites si elle ne s’inscrit pas dans un espace international voire mondiale. L’Europe et son Union monétaire mais aussi les autres organismes internationaux y compris l’OMC , sont des outils indispensables de la régulation à condition que cette régulation s’oriente vers une réduction des inégalités ;le fait que des socialistes accèdent aux plus hauts postes dans ces organisme n’est d’ailleurs pas indifférent.

La reconnaissance sans complexe par la gauche du rôle d’un marché orienté vers la création de valeur ouvert à l’international, régulé pour obtenir une croissance durable et réduire les inégalités fait partie des bases de la rénovation.

Mais allons plus loin, au lieu de considérer le marché et la mondialisation comme une contrainte pourquoi ne pas en faire une opportunité pour développer les valeurs de gauche, et gagner cette fois avec le monde économique une bataille idéologique.

Les socialistes ont su le faire dans les collectivités territoriales mais n’on pas su le théoriser comme le remarque Zaki Laidi,un autre grand témoin. L’apport des sciences de gestion et pas seulement de la science économique serait d’une grande aide à cet égard. Nous y reviendrons.

Publié dans réflexion groupe

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