Billet de la Rochelle N°2: Outremer et innovation

Publié le par Thierry P

 Cet article fait suite au débat sur l’outremer et la gauche lors de l’université d’été du Parti Socialiste à La Rochelle le 1er septembre 2007. J’étais intervenu dans ce débat pour connaître le projet socialiste dans les DOM-TOM en matière d’innovation pour stimuler les économies locales. Je vais concentrer mon propos sur les Antilles et la Guyane, même si je sais que l’île de la Réunion n’est pas en reste, notamment avec son pôle de recherche en transmission d’énergie sans fil pour des applications de type Centrales Spatiales Solaires.
 
Je fais partie de ceux qui pensent que la mondialisation est une chance, et cette chance peut être largement saisie par les antillais et les guyanais, tout particulièrement si l’on considère leur position géographique. En bénéficiant du système éducatif français et l’excellence de sa recherche, les Antilles et la Guyane représentent une part d’Europe dans l’arc caribéen si proche des Etats-Unis, et produisent continuellement une main d’œuvre qualifiée de haut niveau, qu’ils ne savent pas garder. Dans la quasi-totalité des cas, les meilleurs éléments finissent la mort dans l’âme par partir vers la métropole pour ne jamais revenir. Beaucoup d’entre eux aurait été aimés avoir l’alternative de pouvoir exercer leur talent sur leur île natale et tirer bon nombre d’antillais dans des aventures collectives au sein de l’espace économique Antilles –Guyane –Amérique.
 
Internet abolit les distances, profitons-en ! Pourquoi ne pas avoir la volonté politique de développer aux Antilles des pôles technologiques de pointe pour la France entière ? L’énergie photovoltaïque, la géothermie sont les premières technologies qui me viennent à l’esprit, mais il peut en avoir d’autres. Après tout, l’université Antilles-Guyane bénéficient bien de 300 enseignants chercheurs, reconnues par la Mission Scientifique Technique et Pédagogique, le Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS), l'Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale (INSERM), l'Institut National de la Recherche Agronomique (INRA), et le Centre de Coopération Internationale en Recherche Agronomique pour le Développement (CIRAD).
 
biomasse.JPGCe projet est loin d’être utopique et l’exemple cubain le prouve. En effet, à cause de l’embargo américain privant Cuba de nombreuses matières premières, les chercheurs cubains se sont mis à utiliser et à développer l’énergie de la biomasse depuis les années 60. Finalement, après de nombreux tâtonnements et essais, ils ont fini par développer une expertise qui est reconnu dans le monde entier. Pour ma part, c’est durant mon séjour au Japon que j’ai eu connaissance de l’excellence cubaine en matière biomasse, à travers les collaborations entre chercheurs cubains et japonais.

Donc oui, c’est possible, les Antilles peuvent aussi se faire connaître mondialement par leur innovation

Publié dans réflexion groupe

Commenter cet article

Mistral 15/09/2007 10:52

Ok, enfin un socialiste avec des idées positives, ca se fête. Ca nous change des idéologues genre 68 et cie bien gauchiste.Ceci étant, les antilles souffrent à ma connaissance d'un manque de complexe scientifique (ecole d'ingénieur etc)Par contre, il semble judicieux d'utiliser leur potentiel "solaire" et l'absence de nucléaire pour en faire un "labo" de développement durable. Il me semble qu'il existe des initiatives en ce domaine.Bonne idée donc ..;