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Vendredi 21 septembre 2007
Alors que les images et la communication Sarkozyste nous montrent un executif qui va de l'avant, actif tout azimuth, force est de constater que N. Sarkozy et F. Fillon en sont encore à rechercher les moyens à mettre en oeuvre pour faire repartir une croissance en berne.

La campagne électorale avait été pour N. Sarkozy l'occasion de mettre en avant des certitudes qui se sont transformées à peine élu en cadeaux fiscaux "cashs". Mais ces certitudes semblent bien loin puisque qu'il ne faut pas moins de 2 commissions d'experts pour partir à la recherche des solutions qui doperont la croissance: du côté Présidentiel, la commission Attali a pour mission de réflechir à la libération de la croissance et du coté du Premier Ministre, le Conseil d'analyse économique (CAE) est chargé d'un rapport sur "les leviers de la croissance française".

 
En attendant les conclusions de ces cenacles d'experts, il est plus qu'urgent de lire et d'écouter Thomas Philippon, économiste à New York University et auteur d'un essai remarqué, "Le Capitalisme d'Héritiers", publié au printemps dernier dans la collection "La République des Idées".

Le voici interviewé récemment par Didier Adès et Dominique Dambert sur France Inter :


Pour résumer rapidement son propos :

Contrairement aux idées réçues et récupérees par la droite, les français ne sont pas devenus des adeptes de la société du loisir. Ils accordent même au travail bien plus d'importance que les autres européens et les américains. «Les travailleurs français veulent travailler et les entrepreneurs veulent entreprendre». Pourtant la France a un faible taux d'activité. La droite et le MEDEF accusent en premier lieu les rigidités institutionnelles et la "sur-régulation" du marché du travail.

Thomas Philippon démontre dans son ouvrage que ces rigidités institutionnelles
«n’expliquent au mieux qu’un huitième des variations du chômage entre les pays, et moins d’un tiers des variations des taux d’emploi». Il révèle que la crise de la « valeur travail » et la sous-activité qui mine notre pays sont la conséquence des relations sociales détestables qui caractérisent le capitalisme français, relations qui affectent le dynamisme de notre économie, la croissance et l’innovation.

Ainsi la «crise du travail en France» est «une crise non pas du désir individuel de travailler, mais de la capacité à travailler ensemble. En effet, la France est le pays développé où les relations de travail sont les plus mauvaises à la fois du point de vue des dirigeants d’entreprises et du point de vue des employés». La France se place même à la dernière place des pays occidentaux avec la Grêce pour ce qui de l'insatisfaction et du mal être au travail !

Cette insatisfaction génerale et nos difficultés collectives à créer des conditions de travail constructives ont des effets particulièrement néfastes sur le chômage et l’emploi et finalement sur le bien-être des individus et la richesse nationale.

Et pourtant que fait aujourd'hui N. Sarkozy ? Il s'attaque de manière particulièrement clientéliste à une petite partie du problème du travail en dressant les français les uns contre les autres et en prenant de surcroit le risque d'accroitre la défiance des Français envers l'entreprise, ses dirigeants et les élites en général.
Par Razak ELLAFI - Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires
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