EADS, l'assourdissant silence du président

Publié le par Fabien-Pierre NICOLAS

Nous avons sur le blog plusieurs fois fait un travail d'opposition constructive (voir par exemple cet article ou encore celui ci) pour nous permettre cette fois une critique "franche et massive": il est inadmissible que Nicolas Sarkozy, habituellement si prolixe, soit muet sur le scandale de délit d'initié qui secoue EADS.

Ségolène Royal a ainsi déclaré aujourd'hui : "Je m'étonne que Nicolas Sarkozy, qui est d'habitude très rapide pour intervenir sur les faits divers, ne se soit pas encore manifesté sur cette question qui choque profondément les Français" en précisant qu'elle se rendait à Rochefort pour visiter le site d'EADS-Sogerma.

En effet, celui ci a au cours de sa campagne fustigé les "patrons voyous" et, encore récemment, lors de son discours à l'université d'été du Medef, en a appellé à la moralisation des affaires. Mais peut être que cet assourdissant silence est lié au fait que parmi les nombreux dirigeants du groupe européen EADS cités dans cette affaire de délit d'initié, il y a Arnaud Lagardère, ami personnel de Nicolas Sarkozy...

Entre ce silence et la volonté de "dépénaliser le droit des affaires", Nicolas Sarkozy semble envoyer des messages fort contradictoires et, en tout cas, clairement à contre-courant de l'exigence éthique qui croit dans plusieurs pays européens.

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citoyen 09/10/2007 10:24

En écho, on entend encore le silence tout aussi assourdissant du PS sur les affaires économiques depuis le passage de Jospin aux affaires notamment à partir des années 2000.Les salariés qui perçoivent de la Participation, de l’intéressement et l’épargne salariale bloquée 5 ans ne sont plus étonnés des positions dogmatiques du PS  et de son analyse borgne de l’affaire EADS. Mais cela aussi expliquent que plus de 18 millions de citoyens dont une grande majorité de salariés, ne votent pas à gauche aux Législatives et s'abstiennent .Comme d’habitude, le PS fait une enjambée entre la vente massive des stocks-options par des cadres et la Direction de l’entreprise et la dévalorisation de la Participation et de  l’épargne salariale du personnel sous l’effet d’initiative unilatérale de l’entreprise à savoir les fusions-acquisitions, les ventes massives d’actions …etc. Une façon de ne pas parler des victimes directes de ces faits économiques et managériaux : les épargnants salariés et les petits épargnants qui joue orientent leur épargne vers l’entreprise pour lui fournir des fonds plutôt que de les placer dans les caisses d’épargne. Le PS passe du scandale des stocks-options à la précarité de l’emploi des salariés en mélangeant les genres par mixage d’une affaire de rémunération différée (les stocks-options) à un problème d’emploi (le plan d’effectifs). Un procédé politique fallacieux qui permet  d’éviter d’aborder la question de la spoliation de l’épargne salariale qui constitue de la rémunération différée pour les salariés.En matière d’épargne salariale, les salariés acceptent les risques de fluctuations de la valeur unitaire de leur part de Fonds Communs de Placement de l’Entreprise (FCPE) sous l’effet des événements extérieurs à l’entreprise mais ils ne comprennent pas pourquoi personne ne les défend dès que des décisions du fait de l’entreprise entraînent une spoliation et dévalorisation de leur prime de Participation (13ème mois différé) et de leur épargne salariale.Les politiques de droite et de gauche, les abandonne à l’Assemblée Nationale comme l’atteste la dernière loi de 2007 sur la Participation salariale qui n’apporte aucune amélioration protectrice aux dispositifs existants. De la part des députés et sénateurs gaullistes, cette attitude attriste. De Gaulle était révolutionnaire pour son époque et avait mieux compris la société que certains politiques, hélas encore en fonction aujourd’hui. Au PS, on joue a fond les syndicats à qui on ne veut surtout pas déplaire car ils sont sectairement idéologiquement opposés et hostiles aux rétributions différées de l’épargne salariale et de la Participation, avec des positions du début du XXème siècle. « Plus de salaire » ; pas de dispositifs nouveaux pour améliorer le pouvoir d’achat à l’époque de la mondialisation ; « les baisses de la bourse punissent les salariés et les détourneront de l’épargne salariale »…etc.   Alors la position du PS de s’insurger contre la démarche de dépénalisation du droit des Affaires est du même tonneau que l’enjambée de la dévalorisation de l’épargne salariale sur EADS sans parler des salariés épargnants victimes. Si le PS parle du droit pénal, il doit tout autant invoquer le droit du travail (les Prud’hommes) et le droit Civil pour protéger les épargnants salariés et les petits épargnants. Ce sont les cibles électorales pour espérer gagner au moins la présidentielle de 2012 encore faudrait-il que le PS dénonce les patrons voyous ! On aimerait que le PS revisite les faits économiques et financiers des années 2000 à 2007 pour dénoncer les patrons qui ont dévalorisé de façon unilatérale l’épargne salariale de leurs salariés et  payé avec une partie des dettes de celles-ci sur leur rémunération différée. N'est-ce pas scandaleux ?  et le PS ne dit rien ! On attend du PS qu’ils demandent une indemnisation tant qu’il en est encore temps à la place des syndicats qui les ont abandonné. Au minimum, que le PS leur indique, au plan juridique, la marche à suivre et les arguments à invoquer dans leur requête hiérarchique  pour obtenir réparation dans le cadre d'une action collective de groupe de salariés. Dans ces affaires, il n’est pas besoin de faire intervenir le droit des Affaires mais seulement la Justice et le droit du travail  en matière de rémunération différée ! Les épargnants salariés constituent une cible électorale non négligeable pour 2012 tout comme les petits épargnants. « Désirs d’entreprendre » le comprendra-t-il aussi ? 

jps 07/10/2007 09:29

j'émets des raisons toutes personnelles à ce silence. quoi qu'il en soit la politique économique actuelle est la mutualisation des risques pour une privatisation des profits : http://poly-tics.over-blog.com/article-7163950.html

marc 06/10/2007 16:49

A travers ce nouveau scandale se pose la question du rapport entre éthique et capitalisme. Nombreux  sont ceux qui même parmi les libéraux se posent  la question suivante : le capitalisme ne va -til pas se tuer lui même aux yeux de l'opinion si il ne respecte même pas un minimum de "règles du jeu". Si il se vérifie après d'autres affaires du même genre, que le délit d'initié porte sur des sommes masssives ( on parle d'un enjeu direct et indirect de 2 milliards d'euros!) comment pourra-t-on justifier les plans sociaux qui mettent en cause des milliers d'emploi, comment pis encore peux t-on bâtir une Europe économique dans un  partenariat public privé si les protagonistes se servent au lieu de servir leur pays et l'Union européenne? A dela un capitalisme aux mains propres est-il possible sans un contrôle direct de l'opinion publique et une régulation qui sanctionne justement des infractions aussi patentes? Vola de quoi alementer un gran débat national et européen.