Alcatel-Lucent ou l'oubli des salariés

Publié le par Fabien-Pierre NICOLAS

Le Monde se livre à l'intéressant exercice de revenir sur la fusion Alcatel-Lucent pour lier deux problématiques intéressantes: l'absence de bons résultats financiers et l'absence de motivation des salariés. Rappellons que Serge Tchuruk avait déjà choqué une bonne partie de ses salariés en 2001 en appellant de ses voeux "une entreprise sans usines".

Si on lit l'article, que peut on percevoir ? Tout d'abord que la fusion reposait uniquement sur une logique défensive "pour grossir" avec l'absence d'une vision stratégique forte alors que les deux entreprises allaient mal semble peu pertinente.

A contrario, la fusion HP-Compaq, défensive également, s'appuyait sur 2 piliers clairs: rationnaliser le réseau de distribution physique et donc obtenir de meilleures conditions commerciales et se renforcer sur l'image numérique comme point différenciant façe à un DELL misant sur le "low cost".

Ensuite, l'oubli total de l'humain comme élément clé dans une entreprise: on voit que le "plus personne ne sait qui dirige" et l'inflation hiérarchique ont été mis sur pied hativement pour faire face à un sabrage éclair dans les effectifs. Faute d'une planification ou de l'association des salariés à ce changement d'organisation, l'entreprise se trouve encore moins productive qu'avant ce qui conduit à de nouvelles suppressions d'emploi.

Et enfin que l'hyper-spécialisation peut aussi jouer des tours quand le contexte compétitif évolue aussi rapidement que celui des télécoms: un exemple sans doute à méditer pour ceux qui veulent faire de Suez-GDF un "pure player" de l'énergie.

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FP NICOLAS 20/11/2007 09:27

Bonjour Jean Marc,Tu as tout à fait raison sur la démotivation induite: l'article rebondissait sur l'angle choisi par Le Monde mais une étude de cas plus complète serait sans doute intéressante.

jmarc 20/11/2007 01:57

Cette analyse ne me semble pas raisonnable, dans le sens où elle omet de dire que licencier des gens (12500 dans le monde en l'occurrence ) crée de la démotivation, tout simplement.Ajoutons les très faibles augmentations, sous le seuil de l'inflation. Ne passons pas sous silence les surcharges (parce que ces licenciements sont dûs aux résultats financiers, pas à une analyse des besoins pour produire)... "L'oubli de l'humain", tout à fait, mais lié uniquement de problèmes hiérarchiques, ça me semble léger comme analyse. Pour motiver les gens, c'est finalement assez simple il faut leur assurer :1- De la sécurité (parce que souvent il y a une famille, un pavillon à payer, etc.)2- Des conditions de travail potables (donc éviter de "déménager des gens du nord de paris dans le sud comme ça a été fait par exemple, parce qu'avec 3 heures de transports par jour évidemment...)3- Des rémunération intéressantes et des augmentations. Pour que les efforts soient récompensés.