Nouvel entrepreneur, un emploi précaire ?

Publié le par Marc

Nous devrions nous en réjouir, en 2006 ,113.000 chômeurs( 40% des entreprises créées) se sont lancés dans la création d’entreprise contre 40.000 en 2002, . La disparition en 2003 du montant minimum de capital nécessaire à la création d’entreprise n’y est pas pour rien. De même que les aides publiques aidant les chômeurs à se lancer comme le non paiement de charges sociales pendant un an.
Mais comme le note Eric Heyer (Le Monde, 18 décembre 2007), ces chiffres d’apparence rassurants masquent la réalité du chômage. Le véritable problème de la création d’entreprises est celui de la taille et surtout de la pérennité. En effet, une fois passé le pain béni de la première année d’exercice la réalité devient moins rose ! Combien de ces entreprises créées existeront encore dans cinq ans ?

Autres observation intéressante mais préoccupante de l’enquête INSEE daté de décembre 2007[1], seuls 5% des créateurs exercent dans un secteur innovant. En effet dans la mesure où les secteurs innovants sont fortement soumis à la concurrence internationale et présentent un niveau de risque élevé, les candidats à la création ne sont pas légion dans des domaines où la France en a pourtant fortement besoin.
 
Que faire pour éviter les créations « feu de paille » ?
 
La France manque cruellement de moyennes entreprises innovantes et fortement exportatrices. Quelques pistes doivent être creusées pour encourager la création et surtout la pérennité de telles entreprises:
· Encourager et préparer les vocations d’entrepreneur :
Certes on voit se multiplier les chaires entrepreneurs dans les grandes écoles et les universités mais on est encore loin du compte, et ceci passe par la promotion d’une véritable culture de projet.
De plus, il ne suffit pas de le vouloir pour créer une entreprise, il faut des connaissances, des compétences, une idée ou un concept à développer et un business plan qui se tienne.
· Un lancement d’entreprise nécessite du capital :
Très souvent les nouveaux créateurs sous estiment le capital nécessaire pour démarrer et surtout pour passer à une vitesse supérieure, il est démagogique de croire qu’on crée une entreprise sans moyens surtout dans la seconde phase dès lors qu’il faut embaucher un second salarié et se faire connaître au delà du premier client.
· La responsabilité des banques, du capital risque et des Business Angels
On le sait le système financier français est encore trop frileux et le rôle du captal risque et des Business Angels beaucoup moins importants que d’en d’autre pays. Certes on note de gros efforts des régions pour aider au lancement d’entreprises mais les possibilités offertes sont parfois insuffisamment connues des intéressés malgré une communication qui s'améliore.

 
Au total, la simplification des procédures de création et l’aide de première année sont une bonne chose, elle sont loin d’être suffisantes pour stimuler la croissance de ces PME et les mesures prises par le gouvernement Sarkozy pour favoriser le capitalisme d’héritiers ne sont pas de nature à encourager la création des entreprises innovantes dont nous avons besoin.


[1] Insee Première n°1167 - décembre 2007Créer son entreprise : assurer d’abord son propre emploi 

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frednetick 18/12/2007 14:11

Un sujet qui n'est aussi que rarement exploité c'est celui du regroupement d'entreprise. je trouve assez fantasque que l'on puisse sans cesse faire le constat que les PME ne sont pas assez grosses pour aller à l'international (quid des PME de services? L'international n'est pas forcément un débouché naturel) et de l'autre côté dire allez y montez votre affaire.Pourquoi diantre oublie t-on qu'il serait probablement pertinent de mettre en relation des gens qui pratiquent deja la même activité?