Les mesures pour sanctionner les chômeurs existent déjà

Publié le par Razak

Hier Jeudi, Nicolas Sarkozy a fait savoir qu'il souhaitait "qu'un travail puisse être fait sur la question des sanctions en cas de refus de deux offres d'emplois acceptables" et surtout le Président de la République avait alors "demandé à ce qu'on ait un calendrier sur le sujet".

Ce vendredi après-midi une dépêche AP nous informe que les mesures demandées à grand fracas par Nicolas Sarkozy existent déjà et sont en application depuis septembre 2005!

On pourrait facilement se laisser aller à parler d'incompétence, si le Président n'était pas dans la récidive grave en la matière. En effet, Nicolas Sarkozy en Septembre 2007 à Colmar appelait déjà à un «gigantesque plan contre la fraude au chômage» en déclarant notamment: "c'est normal que quand quelqu'un est au chômage, la société lui tende la main, lui donne des indemnisations. Ce n'est pas normal quand on est au chômage, qu'on refuse un emploi qui correspond à votre qualification parce que ce sont les autres qui paient».

Mais Nicolas Sarkozy applique à la Présidence de la République la méthode qu'il a utilisé au ministère de l'Interieur: se présenter comme l'homme de la réforme permanente, en multipliant les lois, y compris lorsque les précédentes ne sont pas encore en application ou même lorsque les mesures existent déjà. Le tout lui permettant d'assurer sa publicité personnelle et tout en masquant les résultats souvent calamiteux des précédentes lois.

Quoi? Les Français s'inquiètent aujourd'hui pour leur pouvoir d'achat et voient l'avenir en noir au point que la croissance est revue à la baisse mois après mois, c'est alors tellement simple de pointer du doigt des boucs émissaires. Et pourtant la France et ses entreprises ont besoin de véritables réformes et d'une politique économique qui permette de résorber
la profonde crise française du travail. Cette crise est notamment dûe à des relations sociales de très mauvaise qualité, d'une méfiance entre l'ensemble des acteurs de la vie économique qui entrave gravement le dynamisme de notre économie, la croissance et l'innovation.

Nous avons un besoin urgent que l'on réconcilie les français avec l'entreprise et ce n'est pas un Président qui oppose systématiquement les Français entre eux qui permettra à la France d'entrer de plein pied dans le XXIème.

Extrait de la dépèche AP :
Le 19 septembre 2005, le ministère délégué à l'Emploi avait diffusé une circulaire très claire sur le sujet, précisant l'application du décret du 2 août 2005 sur le contrôle et l'accompagnement des demandeurs d'emploi. Selon cette circulaire, les chômeurs refusant un emploi "compatible avec leur spécialité, leur formation" ou encore leur "mobilité", peuvent voir leurs allocations réduites de 20% au premier refus, de 50% au deuxième et supprimées totalement au troisième.

En juillet 2007, une note de l'Unedic (assurance-chômage) montrait que le nombre de sanctions à l'encontre des chômeurs ne respectant pas les règles avait plus que triplé entre 2005 et 2006, passant de 7.200 à 24.800. Ces sanctions avaient toutefois abouti à très peu de radiations définitives en raison du caractère "gradué" des sanctions.La direction de l'Unedic avait précisé qu'il s'agissait d'un premier bilan de la réforme des contrôles mise en place le 2 août 2005 et qui a notamment renforcé la coordination entre les préfectures et les Assedics. AP

Commenter cet article