Conflit social à Dacia, les limites d'une stratégie low cost ?

Publié le par FP NICOLAS


Le conflit social dur en Roumanie chez Dacia avec l'exigence de 50% d'augmentation de part des salariés contre 19% proposés par la direction fait écho aux conflits de janvier - février en France liés au pouvoir d'achat.

En observant les salaires annoncés (285€) et l'augmentation demandée (50%) qui aboutirait de fait à un salaire de 430€, on peut légitimement considérer que cela questionne la stratégie de production à bas coûts de Renault en Roumanie à moyen terme.

La seconde vague de délocalisations qui touche désormais les pays du Maghreb ou le Mexique pour passer à des implantations dans l'arrière pays chinois, au Vietnam ou au Bengladesh pose la question: et après ?

Chaque déplacement d'usines occasionne en effet des coûts directs liés à l'implantation mais aussi à la formation. Quid d'une analyse à long terme des coûts rapportés aux bénéfices attendus ?

Or, et c'est déjà le cas pour des segments de marché sur les centres d'appels, on verra sans doute à terme des producteurs re-localiser des productions stratégiques plutôt que de risquer de perdre des clients pour des soucis de qualité ou de délais.

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Alexis 25/03/2008 21:17

Le conflit social chez Renault-Dacia n'est pas un cas isolé sur le marché de la délocalisation. Les salariés de l'usine Ford en Russie ont eu gain de cause après 25 jours de grève, fin 2007 : ils ont obtenu des hausses entre 16% et 21%, soit un salaire équivalent de 500 E à l'embauche. Alors les salariés de Renault-Avtoframos en Russie les regardent avec beaucoup d'intérêt. La direction locale de Renault joue la carte de négociation, elle a même reconnu les syndicats indépendants dans l'entreprise (peu de directions en France sont capables d'aller jusque là...)Nous assistons peut-être à une resyndicalisation des pays émergeants par la grâce des entreprises qui s'y installent.