Réforme de la grande distribution: tempête sur l'emploi en vue...

Publié le par FP NICOLAS


L'unanimité existait sur la réforme des marges arrières (loi Châtel) puisque de Royal à Sarkozy en passant par Bayrou, chacun s'accordait à reconnaitre les dérives d'un système qui ne favorisait que les grandes marques nationales et les distributeurs.

En revanche, la proposition de réforme fort peu accompagnée des lois Galland et Raffarin posent de nombreuses questions auquel le gouvernement n'apporte pas de réponses claires.

1er question: Comment va-t-on atténuer l'impact de la négociabilité des tarifs sur notre industrie agro-alimentaire ?
En effet, la Hollande avait connu d'importantes pertes d'emploi dans un secteur pourtant moins dynamique et crucial pour l'économie lorsqu'une réforme similaire avait été votée.

Car si demain on supprime par exemple 25% des 400.000 emplois (soit 100.000 emplois perdus) pour les délocaliser, c'est toute la chaine logistique qui verra aussi des emplois supprimés. Prenons un fromage à pate molle produit en France, s'il se délocalise en Pologne (gros producteur de lait): les camions pour le transport vers la France seront-ils français ou polonais ? Idem pour la fabrication de l'emballage et le conditionnement.

Cela pourrait donc être une perte à court terme de 200.000 emplois dans un contexte où l'industrie non alimentaire ne peut pas prendre le relais.

2e question:  Pourquoi limiter les possibilités d'ouverture sans autorisation à 1000 M2 ? Qui sera touché ?
Déjà cela bloque toute arrivée d'un autre acteur sur le créneau des hypermarchés de grande taille: Wal-Mart ou Tesco ne pourront donc pas venir concurrencer Leclerc ou Carrefour sur ce terrain là. De même IKEA ne pourras pas rapidement monter en puissance contre Conforama. Il semble évident que le gouvernement s'est fait influencer par ces acteurs afin de préserver leur point de différenciation.

Ensuite, cela va faciliter le format petit supermarché et hard discounter qui pourront avoir un maillage territorial resserré ce qui ne manqueras pas de détruire un peu plus un commerce alimentaire de centre ville déjà mal en point. Il semblera ensuite impossible de pleurer la perte de lien social et le caractère "sans âme" de centre ville dédiés uniquement aux chaines de textile.

3e question: Pourquoi ne fixer aucun cap en matière de baisse de prix ?
Le gouvernement prétend faire baisser les prix de 1.6% sur 3 ans mais personne parmi les distributeurs ne semble être sur la même ligne en la matière... Etrange non ?

Le patron de Système U évoque lui 3% de baisse de prix quand Michel-Edouard Leclerc parle "d'une division par deux de l'inflation". Qui a raison ? Si c'est Leclerc, il semble peu opportun de déstabiliser sans prendre le temps de la concertation un secteur pour une "hausse limitée".

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