La France est l’un des plus mauvais élèves de l’Europe en matière d’emploi des 55-64
ans avec un taux de 38.1% très éloigné de l’objectif de Lisbonne de 50% à atteindre en 2010. Aujourd’hui tout
le monde est d’accord pour considérer que l’emploi des séniors est une nécessité pour la France et qu’il n’est pas un frein à l’emploi
des jeunes, autre catégorie au taux de chômage très élevé.
Le dire n’est pas résoudre le problème. Pendant longtemps, le patronat, les syndicats et l’Etat ont été tacitement d’accord pour constituer un
cercle vicieux, les entreprises utilisant les séniors comme variable d’ajustement de leurs effectifs, les salariés et leurs syndicats ne protestant pas car cela leur permettait de partir plus tôt
via des pré- retraites et l’Etat laissant faire, heureux de cette paix sociale.
Mais voilà, les temps ont changé plus personne ne veut supporter les coûts correspondant à ces pratiques qui de toutes façons sont extrêmement pénalisantes pour notre économie entrainant une croissance plus faible et un manque à gagner pour les cotisations sociales.
Au 4éme trimestre 2006 a été lancé un plan séniors qui avait été développé par les partenaires sociaux et était soutenu par le Gouvernement. Un
des points fondamentaux du plan était de faire changer les mentalités notamment via une campagne de communication. A court terme pour essayer de progresser, les partenaires sociaux avaient
inventé un CDD Senior de 2 fois 18 mois permettant aux 57 ans et plus, au chômage de faire la jonction avec l’âge de la retraite, 60 ans.
En 1 an, 20 CDD Seniors ont été signés... Cela montre clairement que les adhérents du MEDEF et de la CGPME qui avaient conclu l’accord ne
sont pas intéressés par les seniors !
Alors, que faire ? Le gouvernement incite les partenaires sociaux à négocier des accords dans les entreprises En l’absence d’accord, il
réfléchirait à un système de bonus-malus qui pénaliserait les entreprises dont les effectifs n'atteindraient pas un seuil fixé de plus de 55 ans, à partir de 2010.
Une hausse de leurs cotisations chômage ou une pénalité financière serait envisagée. A l'inverse, les entreprises "vertueuses" pourraient voir leurs cotisations baisser. La hausse de cotisations chômage paraît appropriée puisque la conséquence du non emploi de seniors est de peser sur l’assurance chômage.
Nous vous proposons deux autres approches qui peuvent être utilisées conjointement :
1-Dans la lignée du Pacte Présidentiel de Ségolène Royal sur le soutien aux entreprises, n’accorder d’aides qu’à celles qui se montrent citoyennes vis-à-vis de l’emploi des seniors
2-Dans le cadre du capitalisme financier dans lequel nous vivons, les fonds de pension éthiques doivent prendre en compte l’emploi des seniors dans leurs critères d’évaluation des entreprises dans lesquels il faut investir
En tout cas il faut éviter de mettre en place simplement des mesures de quotas, comme c’est le cas pour les handicapés, avec des pénalités si faibles que les entreprises préfèrent payer, ce qui ne facilite pas l’insertion des handicapés dans la Société.