Un peu d'humour et de pedagogie sur les subprimes

Publié le par Anne Renard et Fabien-Pierre NICOLAS

Rue89 nous propose une BD traduite sur les subprimes qui permets a la fois de la pédagogie sur une crise complexe et de sourire tandis que cela continue malheureusement de couter des emplois chaque jour non seulement a l économie américaine mais aussi a l économie européenne.

En contre exemple médiatique, le traitement de RMC qui parle des "conséquences de la crise financière pour la France'' en évoquant les profits de banques et ceux des actionnaires est simplement scandaleux. Est ce que nos les employés et cadres moyens des banques doivent être passés par pertes et profits ?

Des mois apres le scandale de la Societe Generale, on note que les propos de Segolene Royal conservent leur acuite et meriteraient donc d'etre enfin entendu par les instances du PS pour une prise de position forte sur le sujet.

Commenter cet article

OULES 24/09/2008 22:45



Crise de confiance ?
Ou dérive de produits financiers dits « dérivés »?

Les économistes et responsables politiques des grandes puissances économiques nous expliquent depuis plus d’un an, et particulièrement depuis quelques semaines, que la crise de confiance (le crédit) qui grippe la machine économique trouve son origine dans la politique Nord-américaine qui a laissé se développer des crédits hypothécaires dits « subprimes » risqués.
Et ils nous disent que dés lors que les pouvoirs publics et contribuables des Etats Unis d’Amérique vont assumer les risques de pertes induites, la machine peut fonctionner à nouveau.
Mais le cancer qui mine l’économie des trente dernières années, celui des « produits financiers dérivés » fruits de l’imagination de brillants cerveaux déconnectés de l’économie réelle sera t’il éradiqué ?
Le fondement des marchés financiers est de créer de la valeur : créer de la valeur est le credo des écoles de management commerce, et des comités de direction des entreprises.
Les premiers marchés financiers dérivés sur les matières premières, nés à Chicago au 19° siècle étaient ils créateurs de valeur ? Oui sans doute si des positions prises par des acheteurs intelligents auprès de vendeurs ayant un lien réel avec des actifs physiques conduisaient les uns et les autres à trouver (pendant le délai de l’option achetée ou vendue) des ressources (blé, cuivre, pétrole…) moins chères, ou disponibles chez un consommateur dont la prévision d’usage change, ou à détourner un bateau dont la cargaison sera mieux valorisée ailleurs, etc. L’intelligence des uns et des autres, s’exerçant sur des ressources rares ou limitées pour mieux les utiliser, peut être créatrice de valeur.
J’accepte de considérer que, à l’image des assureurs qui bénéficient à l’économie de la planète en permettant à des entrepreneurs de prendre des risques, les marchés de « swaps de change» soient aussi créateurs de valeur pour stimuler la créativité d’entrepreneurs dans le domaine de la production et commercialisation de biens physiques.
Je m’interroge sur l’efficience de la gestion des loyers du logement des salariés des usines nucléaires d’EDF autrefois recouvrés par cette entreprise, puis « titrisés » par DEUTCHBANK : je vois bien l’effet sur les comptes bilanciels d’EDF, mais où donc se trouve la création de valeur ?
Et personne ne m’a encore convaincu de ce que les marchés de warrants (accessibles à tout investisseur en bourse) sont créateurs de valeur : où se trouve le bénéfice d’intelligence qui permettra à la valeur de l’action MICHELIN (définie par un très faible échange d’actions à un moment donné) d’atteindre une certaine valeur sur laquelle des options ont été prises quelques mois auparavant ?
A fortiori, où donc s’exerce l’intelligence d’acteurs qui permettrait à l’indice DAX (moyenne de valeurs boursières allemandes) de passer de 100 à 90 ou 110 dans un terme de trois mois ? C’est dans ces produits financiers qu’a dérivé Jérôme Kerviel, dans un contexte consentant des responsables de la SOCIETE GENERALE.
Le monde des banquiers et financiers qui a imaginé et institué depuis les années 1970 ces marchés financiers de produits dérivés déconnectés d’actifs physiques a perdu la tête.
Les responsables politiques qui prétendent vouloir réguler leur activité devront passer à la paille de fer tous ces produits pour les classer dans la bonne catégorie créatrice de valeur, ou dans l’économie de casino gaspilleuse de crédit…
Et nos meilleures intelligences devront être plutôt intéressées à la recherche et l’innovation technologique, pour un développement dit durable, qu’à la finance qui ne sait plus montrer sa capacité à créer de la valeur pour les humains.