Un "plan de relance" bancal et poussif

Publié le par Razak

Le plan de relance présenté hier par Nicolas Sarkozy a vraiment de quoi décevoir. Il montre les limites d'un gouvernement qui sous couvert de pragmatisme, dans les mots, est toujours très dogmatique dans les actes.
En effet, ce plan uniquement tourné vers l'investissement oublie que pour investir nous avons besoin d'une demande solvable. Ce n'est pas la prime à la casse qui va crée la demande nécessaire véritablement pour amorcer une relance de notre économie et nous inciter à investir.


La très grande majorité des observateurs soulignent la pauvreté du plan et son "gonflage" artificiel.
Ainsi Eco89 titrant "la part du pipeau" cite l'économiste Thomas Piketty, pour qui les chiffres lancés par Nicolas Sarkozy dans son discours de Douai sont en grande partie fallacieux:

"On prétend injecter 26 milliards d'euros dans l'économie, alors qu'en vérité il ne s'agit que de un ou deux milliards d'argent frais."

Toujours d'après Thomas Piketty cité par Eco89 la grande masse des dépenses annoncées étaient déjà prévues: le Nicolas Sarkozy se contente d'accélérer certaines dépenses.

Dans une interview donnée sur le Point, l'ancien ministre de l'économie Michel Sapin, a estimé que le plan de relance "comprend beaucoup de poudre aux yeux, dont les effets au cours de l'année 2009 seront quasi nuls."

"Les chiffres sont totalement inexacts. Sur les 26 milliards, vous avez déjà la moitié qui est de l'argent dû aux entreprises et que l'on va leur payer. Il faut faire très attention à l'affichage des chiffres. La relance économique ne peut pas uniquement s'appuyer sur la relance des investissements. Le temps de faire un investissement, la crise sera passée."


MediaPart dans un "parti pris" s'alarme de la face cachée de pseudo plan de relance en mettant en lumière une série de mesures que Nicolas Sarkozy glisse dans ce plan : 
"La plus spectaculaire est celle qui entaille profondément la législation anti-corruption des années 1990 concernant les marchés publics."

 

Anticipant ce plan de relance qui oublie l'un des moteurs essentiel pour un redémarrage économique, Ségolène Royal publiait en début de semaine une note insistant sur les mesures d'urgence à prndre et notamment sur l'exemple anglais:
"Certains ont eu la lucidité radicale et le courage de prendre les bonnes décisions au bon moment. Ils ont fait voler en éclat les solutions orthodoxes et les consensus dominants dictés par des banquiers et des élites financières discrédités. Ils ont mis les banques sous contrôles ; ils ont relancé l’économie en jouant directement sur le pouvoir d’achat et en baissant la TVA. C’est le cas du Royaume-Uni de Gordon Brown.

D’autres n’ont pas eu ce courage. Le gouvernement français avait le choix entre le statu quo et la création d’un nouvel ordre économique et financier, en France et en Europe. Nicolas Sarkozy a choisi, au-delà des discours et des mots, le statu quo, la connivence avec les milieux d’argent et le favoritisme."


Bancal et poussif, ce plan est dans la droite ligne de la politique de Nicolas Sarkozy:

un favoritisme, économiquement inopérant.


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dom 94 08/12/2008 13:45

commentaire sur le commentaire 3Léa,100 milliards pour l'AGIRC? au secours!! ma complémentaire fout le campMême si cela n'est pas le chiffre exact, les déboirs de AGIRC et ARCCO montrent que l'ensemble est gangrené puisque nul ne peut dire, sauf à avoir placé l'intégralité de ses excédents  en bons du Trésor, qu'il a été totalement indemne de produits toxiques. C'est d'ailleurs la caractéristique sytsèmique de cette crise financière. Seuls ceux  qui, nez creux ou initiés ont su liquider leur position en temps utiles ont pu se tirer sans grand dégat. Mais lors, on peut se poser la question de l'endroit où ces masses financières ainsi devenues liquides ont pu se déplacer : spéculation sur le pétrole et les matières premières paraît une hypothèse plus vraisemblable que le bas de laine ce qui expliquerait des mouvements milieu 2007

Rodrigues Léa 08/12/2008 09:33

Les retraites françaises ont-elles été jouées sur des produits dérivées ?Après les révélations en novembre dernier concernant les pertes de 100 milliards d'euros pour l'AGIRC (caisse de retraites complémentaires des cadres) et de 1,1 milliard d'euros pour l'ARRCO (caisse de retraites complémentaires des salariés), les deux caisses ont tenté de rassurer en rappelant que . Elles ont affirmé que seulement une partie des ressources avait été placée sur les marchés financiers, et que ce sont ces seuls placements qui sont à l'origine de ces pertes.
Si les deux caisses rappellent , elles ont oublié d'expliquer en quoi consistait leur nouvelle politique de adoptée en 2007 suite aux réunions de leurs conseils d'administration, visant à , selon un document interne du 28 jun 2007,

dom 94 05/12/2008 11:01

s'agissant des mesures de trésorerie "en faveur" des entreprises, il s'agit en effet d'abord que l'Etat débiteur honore sa signature.Pour le reste , ce ne sont que des décalages de paiement qui semblent se fonder sur l'hypothèse que la situation tendue des trésoreires d'entreprises est très passagère ( un trimestre, un semestre au plus) et qu'après tout "rentrera dans l'ordre". C'est aussi illusoire que le crédit revolving pour certains ménages. Que fera-t-on dans six mois si, comme on peut le penser tout n'est aps "rentré dans l'ordre"? Là, pas de réponse. "Arrivé au 28°étage, tout allait  bien pour lui. Arrivé au 15° étage, tout allait encore bien pour lui. Arrivait au 5° étage tout allait toujours bien pour lui et 5 étages plus loin, les choses ont brusquement évolué." : c'est une méthode de gouvernement, certes mais est-ce la bonne?

dom 94 05/12/2008 10:48

S'agissant de la modifcation "provisoire des règles des marchés publics, deux remarques s'imposent:1°. L'argument selon lequel cela permettrait aux collectivités publiques de s'adresser de gré à gré avec des fournisseurs locaux pour des marchés inférieur à 20.000 €uros, on se demande quelle pourrait bien être sa portée. En effet, de tels marchés concernent essentiellement le fonctionnement des colectivités et non leurs investissements. Or, il est clairement affiché qu'on continuera à serrer la vis sur cette partie du budget pour pouvoir dégager des marges de manoeuvre pour l'investissement. C'est donc au mieux un coup d'épée dans l'eau. Au pire, c'est la porte ouverte à certains petits arrangements locaux, à la marge.2°. Plus fondamentalement, cela dispense de réfléchir à un vrai Small Busiennes Act à la française comme le réclamait la candidate socialiste à l'eléction présidentielle il y a déjà plus d'un an.