L’air libéral du MEDEF

Publié le par Marc

« La raison même de l’entreprise est d’être une association pour le profit, c’est son but, sa nature et même son honneur » Laurence Parisot
 
L’ouvrage du MEDEF intitulé « Besoin d’air » publié sous la direction de sa présidente Madame Parisot vient bien évidemment s’inscrire dans le champ de la campagne présidentielle, et toute ressemblance entre les thèses avancées par ce livre et celles du principal candidat de la droite ne serait que pure coïncidence, en dépit d’une référence à la démocratie participative qu’il serait bienvenue d’applique à l’intérieur des entreprises adhérentes de cette organisation patronale.
 
Le MEDEF propose en effet à la France de respirer pour retrouver une liberté (parait-il) menacée. Le livre du MEDEF ne nie pas, bien au contraire, un certain nombre de réalités, la pauvreté, la misère des universités, la crise des banlieues, ou encore le recul du rang de la France dans le monde. De même l’ouvrage préfacé par madame Parisot veut réconcilier les français avec l’entreprise et se démarquer du qualificatif d’ultra libéral en reconnaissant que « dans un pays avancé comme la France, aucun chef d’entreprise ne penserait faire fi de l’environnement légal et humaniste que garantit la démocratie ». Madame Parisot s’attache à montrer que le libéralisme n’est ni de droite ni de gauche, oubliant toutefois de signaler que la plupart des avancées sociales, ont été arrachées par des luttes que la droite combattait.
 
Passons sur l’idée du caractère intouchable de l’économie de marché qui nécessiterait de long développements en particulier autour de la distinction entre économie de marché et société de marché
Toutefois les choses se gâtent lorsque l’on passe au chapitre de la vision économique et des propositions : on retrouve ici les grands classiques du patronat :
 
·          Le rappel que « La raison même de l’entreprise est d’être une association pour le profit, c’est son but, sa nature et même son honneur » nonobstant tout autre objectif
·          Une attaque virulente contre les 35 heures qualifiées d’aberration) qui seraient privatives de liberté et contre compétitive pour les entreprises, oubliant que de nombreuses entreprises et notamment des grandes ont profité de l’introduction des 35 heures en augmentant leur productivité et en s’organisant plus efficacement
·          La volonté de remettre en cause le droit du travail s’exprime à travers un passage de l’emploi permanent à l’emploi par projet, on y trouve même la proposition d’un CDI de mission à rupture pré-causée. En d’autres termes l’embauche pour une mission se termine par un licenciement du salarié à la fin de celle-ci
·          L’ouvrage du MEDEF revient largement sur le thème récurent du niveau trop élevé des prélèvements obligatoires, c'est-à-dire de la part des charges socialisées et redistribuée par la collectivité, oubliant que des pays du Nord de l’Europe ont démontré l’efficacité économique et sociale d’un niveau de prélèvement important.
·          Enfin la mise en cause des services publics avec une demande que l’on retrouve également dans le projet UMP de réduction radicale de la fonction publique.
 
Au final, on comprend pourquoi le MEDEF acclame N. Sarkozy quelque soit le qualificatif de libéral, néolibéral ou ultra libéral qui peut lui être associé.

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Fabien-Pierre NICOLAS 05/02/2007 08:25

Merci Marc pour une synthèse claire comme celle ci, il est fort utile de rappeller que Mme Parisot a aussi son agenda politique et qu'il passe par le programme UMP.