Les membres du Gouvernement n'arrêtent pas de nous répéter que la priorité c'est l'emploi.
Paroles... paroles aurait dit Dalida !
Dans un contexte économique particulièrement défavorable où la situation de l'emploi ne cesse de se dégrader, le gouvernement a néanmoins décidé la suppression du décret d'application de la loi
obligeant les entreprises à avoir un plan emploi senior d'ici la fin de l'année ou de s'acquitter d'une pénalité de 1% de leur masse salariale.
La raison évoquée par le gouvernement est qu'il ne faut pas pénaliser les entreprises en période de crise. Quant aux syndicats ils n'apparaissent pas être particulièrement mobilisés contre la
suppression des décrets... La discrimination est donc loin d'être morte!
Par ailleurs le gouvernement de Nicolas Sarkozy a aussi supprimé au 1er janvier 2009 l'AER "Allocation Equivalent Retraite" qui concerne environ 60000 seniors ayant 160 trimestres mais
n'ayant pas atteints 60 ans, surprenant en période de chômage accru où les seniors vont encore servir de variable d'ajustement, avec les jeunes.
Pour éviter justement que les séniors ne servent de variable d'ajustement principale, il est nécessaire de réguler le marché de l'emploi en mettant en place des garde-fous qui rappellent les
entreprises qui se laissent aller, à leur devoir. Sans les radars mis en place sur les routes de France, jamais le comportement des automobilistes n'aurait changé aussi vite : tous
regardaient les autres dépasser les limites de vitesse et se sentaient autorisé à le faire aussi.
Voilà pourquoi il est indispensable que des « radars » soient mis en place pour que les entreprises qui discriminent les séniors soient ramenées à la raison.
Le site l'UMPest fier de présenter une
vitrine web très complète qui leur permets de proposer actuellement un vote pour les régionales via Internet ce que n'a pas fait, par exemple, le Parti Socialiste lors des récentes échéances
internes.
Leur seul souci, c'est que vu le manque d'écoute total de Nicolas Sarkozy et ses ministres pour leur parti, il y a désormais un vrai vide en terme de présence sur le terraine et en particulier
dans les entreprises ce dont nous pouvons nous réjouir en tant que socialistes.
Après 8 jours passés au Honduras dans plusieures villes importantes et des discussions avec des habitants du Guetemala et du Mexique, j'ai pu prendre conscience de
l'ampleur du déficit de la présence européenne sur place.
Sur le plan alimentaire, les marques américaines sont omniprésentes depuis Pepsico (boissons et snacks) jusqu'à KFC et Wendy's (fast foods) en passant par Applebys
(restauration). Notons tout de même l'implantaton de Yoplait et du groupe Bel (Vache qui Rit) sur les linéaires qui est la seule présence notable dans deux hypermarchés visités
de nos marques. Pour le développement de l'éco-tourisme, compétence française reconnue, là encore ce sont plutôt les expertises canadiennes ou américaines qui sont à l'oeuvre.
L'Asie et en particulier la Corée et le Japon ont pour leur part réussi à imposer leurs marques automobiles (Toyota, Kia) ainsi que leur expertise navale dans ce pays en développement. Il
serait dommage que l'Europe oublie plus longtemps de s'investir sur ce continent où plusieurs Etats réorganisent enfin leur économie en incluant l'élément humain qui fut longtemps
négligé.
Manifestation de soutien à la Guadeloupe, à Paris le 21 février 2009
François Guillot - AFP
Rappel du contexte Au delà du passif historique connu, les Antilles forment un territoire peu peuplé (400 000 habitants en Guadeloupe, Martinique et 220 000 en Guyane) et
lointain de la métropole (discontinuité territoriale). La société antillaise est également fortement inégalitaire puisque moins de 1% de la population martiniquaise contrôle 40% de la
grande distribution, 50% des importations alimentaires, 90% des industries alimentaires et contribue ainsi à 20% du PIB de la Martinique.
Enfin, ces DOM forment une des régions les plus pauvres de la zone euro avec plus de 20% de taux de chômage en 2007 contre 8.1% en métropole. Concernant les prix, les écarts de prix sont estimés
entre +15% et +25% avec des écarts encore plus élevés de +68% réalisé sur 17 produits de consommation courante en Novembre 2008.
Cette situation de vie chère s'explique par 4 facteurs cumulatifs:
1) Absence de concurrence
Le petit marché insulaire des DOM est tenu par quelques enseignes (Carrefour, Cora, U, Leader Price) et de grands groupes multi activités (distribution, automobile, transport,
construction) comme les groupes Loret ou Hayot. Les discounters E Leclerc ou Intermarché ainsi que les hards discounters Lidl ou Aldi sont absents de ces marchés et ne contribuent donc pas à
la pression sur les prix (cf la baisse des prix occasionnés par l'arrivée médiatisée de E Leclerc en Corse).
2) Absence d'indicateurs
Etonnament, les panélistes IRI ou Nielsen sont absents des Antilles pour cause de marché trop restreint ce qui empêche une comparaison facile entre les prix des Antilles et ceux de la metropole. A
contrario, il est possible de comparer les prix parisiens avec ceux des autres regions par exemple. Mais, plus étonnant, l'institut pour la consommation (INC) et UFC Que Choisir pourtant en pointe
sur le sujet des prix ne sont pas non plus aux Antilles et donc "oublient" de traiter ces zones dans les comparatifs departements par departements.
Comme le précise L Becquart, responsable de la distribution chez Nielsen dansleparisien.frle 11 février 2009, "l'absence de chiffres sur les prix est aussi politique car celui qui commencera à faire des relevés montrera que la Martinique et la Guadeloupe
sont 15% plus chères, voire plus, que la métropole et ce sera l'émeute".
Cette absence d'indicateurs pousse d'ailleurs les associations de consommateurs locales à réfléchir sur la mise en place d'un observatoire des prix comme à la Réunion précise Claude Dayg Kervella,
ancien président de l'association de consommateurs CLCV Martinique dans ce même article duparisien.fr.
3) L'absence de régulation
Les Antilles sont des îles donc accessibles aux marchandises uniquement par avion ou par bateau. Là encore, il est surprenant de constater que le prix d'un container de 20 pieds ressort à 2800€
alors qu'un Le Havre - New York, la même distance, coute pour sa part 1200€. A qui profite la différence ? Surement pas à la population antillaise...
Ces prix élevés sont amplifiés par la présence d'octrois de mer qui sont répercutés dans les prix à la consommation. Ces octrois étaient là pour privilégier la production locale mais comme beaucoup
de produits sont importés, cela devient un impôt indirect qui pénalise l'ensemble des antillais. Bizarrement, ce sujet est peu abordé, serait ce pour éviter de parler de fiscalité directe car ces
octrois sont une ressource pour les collectivités de ces DOM.
Comme souvent avec le gouvernement actuel, cet effet d'annonce n'a pas eu d'effet réel. La situation n'est donc pas le fruit du hasard mais d'un laisser faire où l'état n'a pas joué son rôle
de régulateur, encore moins de stratège, il a juste laissé faire des acteurs économiques locaux sans arbitrer et sans favoriser la concurrence.
Plus étonnant, l'état ne s'est pas donné les moyens de suivre la vie chère dans les DOM: la poussée inflationniste de 2008 a joué le role de détonateur et il est maintenant urgent que
l'autorité de la concurrence entre en scène. Près de 25 ans après les premiers constats, il était temps !
Depuis plus de 2 ans, Désirs d'Entreprendre vous propose une vision de gauche de l'entreprise et des envies d'entreprendre autrement.
Si nous avons pu, à une dixaine de personnes au départ et plus de 50 militants ou sympathisants socialistes aujourd'hui nous réunir pour produire des notes, réfléchir ensemble et mener à
bien ce blog, c'est grâce à l'association Désirs d'Avenir.
Aujourd'hui, nous vous demandons si vous pensez que Désirs d'Entreprendre et Ségolène Royal contribuent à construire cette alternative d'adhérer à Désirs d'Avenir:http://www.desirsdavenir.org/adhesion/adherer
Alain Godard a publié cette tribune dans Le Monde fin octobre.Son expérience et ses recommendations sont indispensables alorsque les grandes entreprises de notre pays vont toutes se lancer dans d'importantes restructurations.
"Je m'interroge sur les dangers de la seule logique financière dans la conduite des entreprises."
C'était, le 11 juillet 2001, le titre d'une interview que j'avais donnée au Monde en tant que président démissionnaire d'Aventis CropScience, en désaccord avec sa vente à Bayer, qui allait
entraîner une nouvelle restructuration pour cette entreprise mondiale de 15 000 personnes.
Cet entretien fut à l'origine de tensions fortes avec mes ex-collègues du comité exécutif... Sept ans plus tard, la crise financière délie les langues : on peut enfin parler du rôle pervers
et malsain des banquiers d'affaires. Toutefois, peu d'observateurs se retournent sur la responsabilité de ces mêmes banques d'affaires sur la destruction de notre paysage industriel au cours des
quinze dernières années : elles sont pourtant à l'origine de nombreuses restructurations ou fusions qui n'avaient aucune justification industrielle réelle. L'approche était fort simple :
1) Les banques mettent au point des produits financiers dérivés qui rapportent au moins 15 % par an.
2) Les mêmes banques poussent les actionnaires des groupes industriels à exiger une rentabilité au moins équivalente : comme on en est loin, on incite les entreprises à restructurer, puis à opérer
des fusions ou acquisitions sur lesquelles les banquiers prospèrent.
3) Puisqu'il faut parallèlement obtenir le soutien ou au moins la neutralité des cadres dirigeants, les cabinets spécialisés sont mandatés pour démontrer que leurs salaires sont en retard sur "le
marché" : si j'en juge par mon cas, les salaires des équipes dirigeantes sont multipliés par dix en quinze ans, et l'attribution de stock-options vient doubler la donne.
L'évolution du groupe Rhône-Poulenc, aujourd'hui disparu, est représentative de cette période. En 1997, après une résistance héroïque de son président, Rhône-Poulenc doit céder à la pression
des banques d'affaires qui massacrent son cours de Bourse : c'est la séparation de la chimie avec la création de Rhodia, et la constitution d'un groupe "Sciences de la vie" (Pharmacie et Agro). En
1998, les banques décrètent que pour être rentables, ces groupes doivent grossir pour anticiper le risque d'offre publique d'achat (OPA) : l'année suivante, Rhône-Poulenc fusionne avec Hoechst pour
créer Aventis.
L'encre des accords n'est pas sèche que le discours rechange : il faut se séparer de l'Agro et devenir un groupe "pure Pharma", garantie que le price earning ratio (PER) et donc l'action vont
doubler en un an : en 2001, Aventis vend son activité CropScience. La crise boursière de 2002 viendra contrecarrer cette vision ; aujourd'hui, les groupes pharmaceutiques ont perdu de leur superbe,
alors que les activités agrochimiques profitent de la raréfaction des matières premières agricoles. Les rares comme Bayer ou BASF qui ont conservé leurs activités multiples se portent à
merveille...
Alors, au nom de quoi a-t-on cassé ces groupes, fragilisé leurs sites industriels et licencié des milliers de personnes ? La réponse réside largement dans les bonus des golden boys rémunérés
sur ces mouvements stratégiques. Quelle était la marge de manoeuvre des dirigeants d'entreprise ? Très faible, et après une première période de résistance, la majorité a appuyé la manoeuvre, se
repliant sur ses confortables salaires et ses stock-options revalorisées à court terme par ces opérations.
Le mal essentiel du système provient de la soif de spéculation engendrée par cet hypercapitalisme qui a surfé sur le virtuel et affaibli le réel. La solution existe : éradiquer la
spéculation à court terme, en la rendant financièrement inintéressante. Et, à l'inverse, encourager l'investissement de longue durée dans le capitalisme industriel. Puisque la crise remet en cause
tous les dogmes, imaginons un accord fiscal mondial dans lequel les plus-values sur les titres conservés moins de trois mois seraient taxées à 80 %, de trois mois à un an à 50 %, de un à trois ans
à 30 % et à 10 % seulement au-delà de trois ans...
Nul doute que les arbitrages des investisseurs seraient différents et que les PDG du CAC 40 abandonneraient leur habitude d'attendre tous les soirs avec impatience les cours de la Bourse, pour se
consacrer à bâtir avec leurs équipes des stratégies gagnantes sur le long terme.
Ils y regagneraient en crédibilité. Ils devraient accepter que leurs rémunérations soient "capées" à un niveau raisonnable mais attractif (autour de 2,5 millions d'euros par an maximum tout
compris), avec une part variable importante calculée en fonction d'indicateurs économiques, sociaux et environnementaux moyennés sur au moins trois ans. Les stock-options ont montré leur
inefficacité et leurs dangers : il faut les abandonner.
En 2001, je concluais mon interview par cette phrase : "J'ai pris acte qu'il y avait un environnement politique et économique que je ne pouvais pas changer." Le moment du changement est peut-être
venu : l'économie de marché y aura sa place, à condition d'appeler "marché" le territoire des produits et services offerts par les entreprises, et non, comme je l'ai trop souvent entendu dans les
comités exécutifs, le verdict quotidien de la Bourse ou de ses valets, les banquiers d'affaires.
Alain Godard est ancien président de Rhône-Poulenc Agro et d'Aventis CropScience et membre de
Désirs d'Entreprendre.
«Des banques ne répondent pas aux demandes de crédits. Pas de retour, ni téléphonique,
ni par mail», constate Emmanuel Leprince, délégué général du Comité Richelieu, composé de plus de 250 PME innovantes.
Les PME sont les premières à être prises dans la tourmente avec une intensité rare. Déjà
fragilisées par un système de financement inadapté, voire souvent inexistant, beaucoup d'entre elles sont ou se sentent irrémédiablement condamnées. Pourtant elles sont quasiment seules à être
créatrices de richesse au sens de l'économie réelle, elles recèlent le potentiel de la nouvelle configuration économique : notre production, notre compétitivité, nos emplois… Alors le financement
des PME devrait être la priorité européenne, déjà entreprise depuis un certain temps par des régions faisant preuve d'une lucidité extrême, elle doit être reprise à grande échelle avec des moyens
véritables résultant de l'implication de tous les acteurs, afin d'aller vers une véritable création de valeur qui mettra en place l'économie tournée vers l'humain.
Les Etats-Unis ont perdu le contrôle et n'auront pas de pilote dans l'avion avant 4 mois.
Donc il faudrait donc que les Européens se prennent en mains:
la solution est européenne ou ne sera pas.
Pour l'instant des actions dispersées, inadaptées… ce retard de réponse commune est grave, le compteur tourne, seule l'Europe réunie a les capacités financières et de coordination pour
répondre à la crise, les bourses vont s'écrouler cette semaine et la liquidité disparaître.
Avant de l'être par d'autres… :
la 1ère étape du basculement géopolitique (financier) a déjà eu lieu.
Aujourd'hui les acteurs financiers sont parfaitement conscients du changement de centres de gravité financiers et économiques et ont déjà commencé leurs délocalisations, l'absence d'une réponse
commune signifie donc une cession de notre économie à court terme.
Ce n'est pas la crise de 1929 car le monde de 1929 n'existe plus!
Concrètement que doit on faire? Voici les différents angles d'attaque :
* Angle international : élargir le G8 et le réunir,
* Angle européen : une intervention commune, la 1ère pierre de l'Europe économique,
Garantie de l'argent des déposants au niveau européen,
Constitution d'un fond de defeasance ou d'une participation en % PIB,
Prise de participation dans les banques recapitalisées avec une prise de participation dans les bénéfices sur le
résultat groupe mondial (en prenant des garanties sur les mutations juridiques à venir des structures, voir plus loin…),
Fond spécial PME,
Accroissement du rôle de la BCE comme prêteur en dernier ressort, et chef d'orchestre de l'action financière
concertée,
L'objectif est de construire un bloc continental face aux Etats-Unis et aux Emergés.
Les Intervenants seront l'Eurogroupe, l'Ecofin, la BCE en partenariat avec la Russie.
Les risques à prendre en compte en compte impérativement dans l'intervention : ne financer ni les fonds qui rachètent le sous jacent immobilier ni la délocalisation des banques dans les MENA
BRIC.
* Angle national : urgence PME + Proposer un plan d'action quantifié à l'Europe résultant d'un travail commun national
C'est une opportunité politique historique car il un devoir de construction d'un nouveau système pour la gauche, c'est-à-dire pour Ségolène Royal.