A propos du rachat des Echos - prise de position de S. Royal
"Ce qui est en train de se passer aux Echos est grave. Voilà un journal dont l’indépendance fonde la crédibilité, un journal qui gagne de l’argent, un journal dont le lectorat augmente. Il vient de tomber aux mains de Bernard Arnault, la première fortune de France contre l’avis de sa rédaction qui s’est mobilisée pendant quatre mois en dénonçant des risques sérieux de conflits d’intérêt.
Parfaitement cynique, l’Elysée a non seulement couvert l’opération mais s’en est réjoui publiquement. C’est une formidable nouvelle pour un journal qu’un industriel achète 240 millions d’euros, c’est un prix très très important s’est réjoui George Marc Benamou le conseiller culture et audiovisuel de Nicolas Sarkozy en reconnaissant, mais sans s’en émouvoir, que oui, il risquait d’y avoir des conflits d’intérêt rédactionnels et éditoriaux.
Nous soutenons bien évidemment cette position forte pour 3 raisons :
- Les salariés d'un groupe de presse qui proposent une solution alternative viable ne sont pas écoutés
- Aucune garantie n'est donnée quand à une information objective alors qu'il s'agit de la valeur de la marque Les Echos qui est en jeu
- Enfin, une démocratie moderne du 21e siècle ne devrait pas voir la Présidence de la République intervenir sans concertation avec les salariés et les repreneurs juste pour défendre un proche du président