Rapport Attali : une révolution ? Pas si sûr...
La plupart des trois cents propositions sont déjà connues car issues du pré-rapport de novembre, marquées au coin du bon sens: leur seul problème est que personne n'a eu le courage politique de les mettre en œuvre ou même de les tester. Par ailleurs un grand nombre de ces mesures n'en ont que le nom et il s'agit plus de "souhaits" tant l'imprécision de leur possible application demeure floue.
Au final, je constate tout de même une orientation politique claire énoncée dès le début, libérer la croissance à tout prix, et une erreur fondamentale : on ne rendra jamais le travail français compétitif en transférant quelques points de charges sociales sur la CSG. Ainsi le "travailler plus" reste un fil conducteur alors qu'il faut "travailler mieux".
Rien n'est proposé quant à une répartition différente des profits quand ils existent - à ce niveau N. Sarkozy est bien plus "révolutionnaire" dans les mots à défaut des actes - et si l'idée de rendre plus attractif l'investissement sur les entreprises que sur l'épargne à cour terme est une évidence, rien n'est proposé pour taxer de manière dissuasive la rente, dégonfler la bulle immobilière, bloquer les loyers.
La position d'Attali (il faut tout prendre ou rien) a stratégiquement échouée d'entrée puisque Nicolas Sarkozy a annoncé dès la présentation du rapport qu'il ne toucherait pas aux départements "auxquels les français sont très attachés" - surtout les élus UMP d'ailleurs non ? Il est donc vraisemblable que ce rapport finisse dans un placard ce qui est la seconde éventualité proposée par Attali.
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