Les pièges du nouveau contrat de travail
Les négociations sur le nouveau contrat de travail se terminent et, sauf décision contraire des centrales syndicales, les termes de l'accord devraient entrer en application prochainement.
L’impression qui domine c’est celle d’un accord bâclé ne donnant satisfaction à personne sur le fond:
- Ni au gouvernement qui sur l’impulsion du Président, souhaitait une révision générale dans le sens d’un contrat unique
- Ni aux syndicats patronaux qui souhaitaient essentiellement un « assouplissement » des règles de licenciement
- Ni aux syndicats qui souhaitaient la mise en œuvre (en échange d’assouplissements) d’une véritable « flexsécurité » à la danoise
Au terme d’un marathon de négociation imposé par Sarkozy, la montagne accouche d’une souris. Prenons, pour l’exemple, les périodes d’essai que nous avions rapidement évoquées. Le Medef proposait un doublement des périodes d’essai (12 mois pour les cadres, 6 mois pour les employés). Pour quelles raisons ?
Cela aurait pu être pour éviter d’avoir le recours à des CDD -ou au tout nouveau « contrat de mission »- dont la sortie est onéreuse et qui ne sont pas attractifs pour les cadres, on aurait pu imaginer que cet "assouplissement" aiderait à la signature d'un CDI.
Mais le risque est qu'au final, cela soit parce que 12 mois de période d'essai, cela permets de se séparer à moindre coût d’un cadre à qui aura été confié une mission de réorganisation ou d’implantation d’un process nouveau après lui avoir fait miroiter une évolution de carrière.