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Mercredi 7 mai 2008

L'unanimité existait sur la réforme des marges arrières (loi Châtel) puisque de Royal à Sarkozy en passant par Bayrou, chacun s'accordait à reconnaitre les dérives d'un système qui ne favorisait que les grandes marques nationales et les distributeurs.

En revanche, la proposition de réforme fort peu accompagnée des lois Galland et Raffarin posent de nombreuses questions auquel le gouvernement n'apporte pas de réponses claires.

1er question: Comment va-t-on atténuer l'impact de la négociabilité des tarifs sur notre industrie agro-alimentaire ?
En effet, la Hollande avait connu d'importantes pertes d'emploi dans un secteur pourtant moins dynamique et crucial pour l'économie lorsqu'une réforme similaire avait été votée.

Car si demain on supprime par exemple 25% des 400.000 emplois (soit 100.000 emplois perdus) pour les délocaliser, c'est toute la chaine logistique qui verra aussi des emplois supprimés. Prenons un fromage à pate molle produit en France, s'il se délocalise en Pologne (gros producteur de lait): les camions pour le transport vers la France seront-ils français ou polonais ? Idem pour la fabrication de l'emballage et le conditionnement.

Cela pourrait donc être une perte à court terme de 200.000 emplois dans un contexte où l'industrie non alimentaire ne peut pas prendre le relais.

2e question:  Pourquoi limiter les possibilités d'ouverture sans autorisation à 1000 M2 ? Qui sera touché ?
Déjà cela bloque toute arrivée d'un autre acteur sur le créneau des hypermarchés de grande taille: Wal-Mart ou Tesco ne pourront donc pas venir concurrencer Leclerc ou Carrefour sur ce terrain là. De même IKEA ne pourras pas rapidement monter en puissance contre Conforama. Il semble évident que le gouvernement s'est fait influencer par ces acteurs afin de préserver leur point de différenciation.

Ensuite, cela va faciliter le format petit supermarché et hard discounter qui pourront avoir un maillage territorial resserré ce qui ne manqueras pas de détruire un peu plus un commerce alimentaire de centre ville déjà mal en point. Il semblera ensuite impossible de pleurer la perte de lien social et le caractère "sans âme" de centre ville dédiés uniquement aux chaines de textile.

3e question: Pourquoi ne fixer aucun cap en matière de baisse de prix ?
Le gouvernement prétend faire baisser les prix de 1.6% sur 3 ans mais personne parmi les distributeurs ne semble être sur la même ligne en la matière... Etrange non ?

Le patron de Système U évoque lui 3% de baisse de prix quand Michel-Edouard Leclerc parle "d'une division par deux de l'inflation". Qui a raison ? Si c'est Leclerc, il semble peu opportun de déstabiliser sans prendre le temps de la concertation un secteur pour une "hausse limitée".

par FP NICOLAS ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback
Mardi 6 mai 2008

Reuters nous apprend que Sarkozy a dénoncé le "scandale" du sous emploi des seniors lors de son déplacement dans le Gard. Rappelons simplement au président Sarkozy que le constat avait été dressé à la fois par la candidate Royal mais aussi par l'ensemble des partenaires sociaux depuis plus de 2 ans...

Le Parti Socialiste et sa candidate avaient ainsi estimé qu'il s'agissait d'un dossier plus crucial que celui de la durée de cotisation vu qu'on parle d'un différentiel pour les 55-65 ans de 20% par rapport à l'Angleterre, de 25% par rapport aux Etats Unis et  de 32% par rapport à la Suède.

Ce différentiel représenterait précisément l'équivalent de 1 à 2 années de cotisation à travailler en plus pour l'ensemble des salariés. Proposons donc à Nicolas Sarkozy de plus souvent écouter les partenaires sociaux et l'opposition tout en écoutant un peu moins le MEDEF et l'UMP pour avoir des idées "plus au clair" sur l'économie.
par FP NICOLAS ajouter un commentaire commentaires (1)    créer un trackback
Samedi 3 mai 2008
Challenges dans son édition du 30 Avril évoque le rapport de la Cour des comptes qui incrimine les pratiques des sociétés de péage en matière de hausses tarifaires Celles-ci ont en effet signé un protocole avec l'Etat, lequel s'est désengagé fortement du secteur sans rationalité économique aucune, qui garanti une hausse limité à 1% par an.

Problème: La hausse du chiffre d'affaires de ces entreprises atteint 9% alors qu'en théorie, les 1% de hausse tarifaire et les 3% de hausse du trafic devrait conduire à 4% de hausse.

La raison toute simple vient de hausse forte sur les tronçons très fréquentés contre une absence de hausse sur des parties moins fréquentées: or la convention calcule les hausses selon les kilomètres couverts par chaque partie et non selon le trafic.

On voit que le régulateur public a encore des efforts à faire si on veut que le pouvoir d'achat des millions de Français contraints d'utiliser leur voiture pour se rendre au travail ne soit pas entamé par les privatisations à l'emport pièce réalisées par le gouvernement Villepin-Sarkozy.
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Vendredi 2 mai 2008
Un article de Challenges du 30 Avril nous remets en perspective un fait simple: le "nationalisme économique" que la presse anglo-saxonne utilise souvent pour critiquer les décisions françaises de privilégier des acteurs nationaux est en fait largement partagé par d'autres puissances.

Quelques exemples:
- Le Japon en l'occurrence avec le blocage de la montée du fond britannique TCI dans le capital de l'opérateur électrique J-Power
- Mais aussi les USA qui avait bloqués le rachat de l'opérateur DP World par un fond des Emirats Arabes Unis
- Et plus récemment, l'affaire Wahaha contre Danone avait souligné le nationalisme chinois en la matière

Cela pose clairement la question de l'implication de l'Etat en tant que "stratège économique" plutôt qu'en tant que simple régulateur.
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Mercredi 30 avril 2008

Cherchant sans doute une occasion d'occuper le tout nouveau secrétaire d'Etat à l'Economie numérique, Bernard Laporte souhaite lui confier une mission sur la compétitivité des clubs de foot français.

M. Besson, sans doute aveuglé par sa passion, mets du coeur à sortir plusieurs perles dans un entretien à Libération:
- Il parle tout d'abord d'un plafonnement de la masse salariale au niveau européen en "oubliant" que nos partenaires principaux (Angleterre, Allemagne, Espagne) se sont déjà exprimés pour rejeter cette idée
- Puis de limiter les effets de l'arrêt Bosman qui permets à des joueurs communautaires de se déplacer librement sans limite de quotas alors que cette limitation de mouvement est contraire au droit européen des personnes

Il aurait pourtant été simple de souligner que si les clubs français "sous performent" au niveau des clubs, le foot français amateur et l'équipe nationale se portent bien. Ajoutons surtout que les clubs anglais ou espagnols sont en très mauvaise santé financière si on compare à leurs homologues français.

Souhaite-t-on vraiment déréguler ce secteur au risque de détruire l'éco-système plutôt positif mis en oeuvre actuellement ? Et est ce vraiment une priorité dans un pays aussi endetté et morose que de consacrer de l'énergie gouvernementale sur ce chapitre ?
par FP NICOLAS ajouter un commentaire commentaires (5)    créer un trackback
Mercredi 30 avril 2008
Une vraie question demeure après l'annonce du rachat de Wrigley, géant du chewing-gum, par Mars, géant de la confiserie pour 15 milliards de dollars. Quel avenir pour un consommateur qui seras confronté à un choix pléthorique en apparence mais minimal en réalité entre 2 fournisseurs ? En effet, Cadbury discute déjà avec Hersheys pour constituer un rival de poids comparable afin de contrer cette évolution du marché.
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Mardi 29 avril 2008
La hausse du prix du gaz de 5.5% mis en avant par le gouvernement sans qu'une demande émane de GDF parait un cadeau fait à Suez qui aurait pu générer encore plus de mécontentement.

Le gouvernement a donc décidé d'étendre le tarif social du gaz pour 750.000 foyers modestes au lieu de 250.000 mais quid des familles gagnant entre 1.2 et 1.5 fois le SMIC qui seront un peu plus paupérisés par hausse sans bénéficier de remise ?

Accessoirement, il semble étrange de ne pas encourager plus vivement les dispositifs d'économies d'énergie ou d'énergie solaire qui ne sont subventionnés qu'à hauteur de 20 à 30% du coût dans un univers où le prix des énergies fossiles progressent fortement.
par FP NICOLAS ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback
Jeudi 17 avril 2008
Libération relaie une information intéressante : un ensemble de bureaux construits à Stockholm fonctionnera pour son chauffage sur le principe de la co-génération entre la gare centrale à refroidir et le complexe de bureaux situé à proximité. Le système seras doublé de pompe à chaleur ce qui permettra, avec des innovations procédés, une économie de plus de 60% sur les coûts énergétiques pour un surcoût à la construction d'environ 8%.

Une intéressante manière d'innover au service de l'environnement et qui permettra un avantage économique à la fois pour les entreprises locataires et les propriétaires.
par FP NICOLAS ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback
Mercredi 16 avril 2008
La Cour Européenne de Justice a pris un arrêt malheureux de plus en matière de dumping social qui ne va sans doute pas améliorer l'image de l'Europe aux yeux de nos concitoyens.

Après 2 arrêts concernant la Finlande puis la Suède, c'est désormais un Land allemand qui se trouve condamné pour avoir tenté de pénaliser une entreprise sous-traitante polonaise qui ne respectait pas le salaire minimum qui s'applique pour les marchés publics.

La notion de libre prestation de services l'emporte donc sur les protections contre le dumping social ce qui risque de rendre encore plus fragile l'existence de milliers de PME frontalières des nouveaux entrants dans l'UE.
par Sophinette ajouter un commentaire commentaires (1)    créer un trackback
Mercredi 16 avril 2008
Le Courrier International a invité un journaliste de The Indian Express dont l'analyse mérite d'être écoutée: il plaide une autre politique de coopération économique avec l'Afrique à travers la comparaison entre les modèles chinois et indien.

La Chine procède en effet essentiellement à travers des projets d'infrastructures ou industriels financés par des capitaux chinois et par le biais d'organismes para-gouvernementaux. Ces officines négocient avec les dirigeants africains et mélangent allègrement la politique étrangère et négociation commerciale comme au Soudan.


Par contraste, l'Inde voit essentiellement des entreprises privées qui négocient sur le secteur agricole ou des services sans mélanger la politique de leur gouvernement avec les affaires.
Et ces implantations voient le plus souvent des transferts de technologies et ne sont pas assorties de contrat de main d'oeuvre comme ceux

Certes, l'implantation beaucoup plus ancienne des Indiens en Afrique, et en particulier en Afrique du Sud et à Madagascar, peut plaider simplement pour une connaissance plus fine de ces pays. Mais on peut aussi constater que les superstructures d'un pays peuvent influencer sa vision d'un
commerce international plus équitable.
par FP NICOLAS ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback
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